De l’ambiance de travail chez Koakidi...
... et des communautés virtuelles.

Andy Mountain portrait

Le 23/08/2007

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Aaah ! Enfin ! Le printemps est de retour. J’entends déjà le stupide gazouillis des volatiles qui reviennent. Ce qu’il y a de bien quand on hiberne, c’est ... Hein !? Le 22 août ? AOÛT ??? Ho la vache ! En fait, ce qu’il y a de chiant quand on hiberne, c’est que si on rate la sonnerie du réveil, on termine la grasse matinée en plein milieu de l’été. On me signale que je n’ai pas raté grand chose. Tant mieux. Manquerait plus que ça, tiens.
Bon, j’ai du courrier en retard du coup. Le temps d’écarter tous les mails qui veulent me vendre du Vyaggra (message du rédac’ chef : produit dopant dont le nom a été volontairement écorché pour ne pas générer de visites à une main), il me reste les messages de mes lecteurs chéris ... Enfin, le message d’après ce que je vois. Bien ... Un fan ... ou un détracteur. Qu’importe ! Je prends. Voyons donc le contenu :

"Andy. Comment ça va ? J’aime beaucoup ce que tu fais."
Bien, Merci. Moi aussi, j’aime beaucoup ce que je fais. Passons sur la familiarité du tutoiement. C’est une chose que je réserve normalement aux gens avec qui j’entretiens des relations suivies (ou sexuelles, rarement les deux).
"Je suis désolée d’apprendre que la plante verte est morte."
Tiens, une femme. Une sentimentale en plus. Avec un penchant pour les choses mortes. Note pour plus tard : penser à raconter la fois où j’ai mis les mains dans un chat grouillant d’asticots.
"La prochaine fois que tu me cites, essaie de na pas inclure de mots grossiers dans ta chronique."
Hein !?
"Et n’oublie pas de ramener le pain, mon bichon."
Merde ... Maman !

Vous le voyez, chers lecteurs, la vie de chroniqueur chez Koakidi n’est pas vraiment de tout repos. On est soumis à une pression constante de ... ma mère ... Hum ... Entre autres, hein ! Parce qu’il y a Scoty aussi. Beaucoup de gens ne connaissent que trop peu de choses du maître des lieux. Et du coup, les bruits les plus fous courent à son sujet. Que n’ai-je entendu de rumeurs l’impliquant, pêle-mêle : dans l’affaire du Rainbow Warrior, les attentats du 12 septembre 2001 (moins connus que ceux de la veille et honteusement passés sous silence, les attentats du 12 septembre 2001 sont pourtant encore frais dans ma mémoire. Ce vendredi-là, la quasi-totalité de mes mugs a disparu dans l’effondrement de l’étagère de ma cuisine. Selon certaines sources, des mini-charges d’explosifs avaient été placées dans les chevilles Molly afin de fragiliser l’édifice et de précipiter sa chute. J’ai encore en mémoire la vision cauchemardesque de cette tasse à vaches préférant se jeter dans le vide plutôt que de glisser vers les Abysses du linoléum) ou encore le grand incendie de Londres en 1666.

Dans mon infinie quête pour faire triompher la justice et la vérité dans ce monde, j’ai bien tenté de démonter ces canulars grotesques. Prenons l’exemple du Rainbow Warrior. Ridicule. Primo, Scoty ne sait pas nager et secundo, il est soluble dans l’eau. Tout cela ne tient pas debout. Pour l’incendie de Londres, en revanche, je dois l’avouer, j’ai moi-même un doute. A plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion de constater l’anglophobie de mon rédac’chef préféré. Il n’y a qu’à l’entendre maltraiter la langue de Shakespeare pour se faire une idée de la chose. Et surtout, il n’a pas d’alibi. Et ça, c’est troublant. La cause de cette haine farouche, ce n’est pourtant pas l’odieux sort que ces occupants d’alors ont réservé à notre Pucelle d’Orléans ... Non. Je suis aujourd’hui en mesure de vous révéler l’atroce vérité. Si Scoty n’aime pas les Anglais, c’est qu’ils lui ont volé sa meilleure recette : celle de l’Ecossais sauce grand veneur. Je vous la donnerai. Promis.

Comment voulez-vous, dans ces conditions, que je travaille sereinement ? Dès que j’arrive au bureau, il me lance des regards inquisiteurs. Par pur esprit scientifique, il faudra qu’un jour j’arrive à l’heure pour voir s’il y a un rapport, tiens ... Quand je passe plus d’une heure aux toilettes ou à la machine à café, re-belote. Inquisiteur, je vous dis. Le seul moment où il me laisse tranquille, c’est quand j’écris cette chronique. Et là encore, ce n’est pas toujours simple. Tenez, ce matin encore, je suis allé lui demander la possibilité d’accéder à certains sites web afin de ne pas laisser mes sources d’informations se tarir. Et bien, croyez-le ou pas, quand il a vu le log de mes connections, il a immédiatement coupé mon nouvel accès. Parce que pour Scoty, ces sites-là ne rentrent pas dans le cadre de mon travail chez Koakidi. Et si j’avais eu envie d’écrire une chronique sur les gens qui mangent leur caca ? Il n’y a pas pensé à ça, hein, môssieur Scoty. Pfft ! Pourtant, le forum avait l’air intéressant ...

Tiens, les forums. Parlons-en des forums ! S’il y a un truc que j’aime bien sur internet, c’est bien ça. Offrir à des millions de gens normalement constitués et sans grand talent pour manier la langue de Rabelais la possibilité de faire ce que je fais, c’est à dire d’étaler leur inculture crasse et l’inintérêt de leur diatribe (comme me le faisait remarquer fort justement un des oléocènes sur le leur, de forum) sur la toile ; ça c’est la révolution informatique. Je suis très bon client pour ce genre de choses. Outre le forum des supporteurs infortunés de l’AS Monaco et celui des nostalgiques de Wings sur Amiga 500, je suis aussi abonné au Club très fermé des Amateurs de Tartines à la Confiture aux Fruits Rouges et Rhubarbe – encore merci, maman. J’ai même vu un forum sur les forums. Si, si ... Pour ceux qui n’arrivent pas à installer le leur et qui veulent trouver de l’aide sur un forum. Logique !

Le top pour un forum, c’est d’avoir des sous-sections. Beaucoup. Plein, si possible. Par exemple, sur les forums de World of Warcraft, le visiteur elfe est prié de ne pas embêter les démonistes. Sinon, c’est le bordel ! Quand on crée une communauté virtuelle, la première chose à faire, c’est de délimiter son territoire. Parce que Dominator l’orque et Croustibat le nain sont dans la vie Michel et Antoine, étudiants en fac de psycho, comment les départager ? Par des sous-sections de forums ! CQFD. Au passage, on notera qu’on bosse toujours autant en fac de psycho.

Mais vous qui n’avez pas l’habitude de ces plongées au cœur des communautés virtuelles, vous vous demandez : qui trouve-t-on dans ces forums ? Et bien, la réponse est complexe. Il existe plusieurs types de forumeurs. Nous allons ici essayer de les dégager. En premier lieu, il y a celui par qui le scandale arrive. The "Insider". Celui-là a une information très importante à communiquer et veut la partager. Le sentiment est noble. Nous allons prendre un exemple : un forumeur A apprend que l’ampoule se divise en deux catégories : l’ampoule à vis et l’ampoule à baïonnette. Il poste donc dans la sous-section de son forum cette grande nouvelle, accompagnée d’un long texte explicatif, copié-collé depuis un article de blog.

Arrive le forumeur B, sceptique de nature, qui demande aussitôt la source de l’information. Avant que A n’ait pu répondre, un forumeur C (spécialiste du "j’ai rien à dire mais je donnerais bien mon avis quand même") reprend l’intégralité du premier post dans un encadré et ajoute tout en bas : "+1". Sommé par le forumeur M (pour "Modérateur", l’équivalent du Grand Schtroumpf mais sans le bonnet ) d’éviter de parler pour ne rien dire, le forumeur C ajoute aussitôt : "Ouais mais non, je savais, parce que j’ai vu une ampoule, une fois, dans un magasin ... ". Le forumeur B dit "J’en doute". C, qui n’a rien compris, ajoute "+1". Arrive le forumeur D, respectueux de la charte de bonne conduite, qui demande publiquement si le post de départ appartient à la bonne sous-section du forum. S’ensuivra un long et pénible débat de cinq ou six pages ...

C’est épuisant la vie d’un forumeur de communauté virtuelle. S’agaçant rapidement, il prend chaque argument posté à son encontre comme une véritable attaque personnelle à laquelle il se doit de répondre sous peine d’être publiquement disgracié, mis au ban, voire traité de "n00b". L’important, c’est que ces gens savent faire front contre l’ennemi commun en temps de crise, traquent la petite bête dans l’argumentaire de l’intrus et, le cas échéant, le raccompagnent jusque sur Google en le traitant de fasciste. Pfiou, épuisant vous dis-je. Un véritable travail de fourmi.

En parlant de travail de fourmi, je peux vous entretenir un instant de Wikipédia ? Merci, vous êtes trop aimable. Je me suis déjà référé à cette encyclopédie du web ici-même, dans cette chronique. Et c’est bien justice, je suis un grand fan de Wikipédia. En fait, je suis fan de tout ce qui consacre plus de lignes aux sabres lasers qu’à la presse écrite. Ce qui m’amène à parler de Virgil Griffith, un jeune "hacker" qui a récemment créé le "Wikipedia Scanner", une base de données des adresses IP de tous les contributeurs de Wikipédia qui modifient ses pages.

Je sens que ma mère est un peu larguée alors, sans doute, je dois rappeler ce qu’est wikipédia. Le mieux serait de regarder la définition dans ... Bah oui, dans Wikipédia. La voici : "Wikipédia est une encyclopédie en ligne universelle et multilingue. Elle est en cours de rédaction collaborative sur Internet avec la technologie wiki. Wikipédia a pour principe d’offrir un contenu libre, neutre et vérifiable." Le principe est aussi simple que démocratique. Tout le monde, vous et moi compris, peut apporter à Wikipédia l’étendue de notre savoir et bien entendu la consulter. Mais quand on la modifie, on laisse des traces informatiques. Et c’est le travail du "Wikipedia Scanner" de répertorier ces traces informatiques qui sont en fait l’adresse de nos machines. Un peu comme l’adresse de l’expéditeur au dos d’une enveloppe.

Bien. On sait donc maintenant qui compte parmi les contributeurs les plus enthousiastes à cette encyclopédie du 21e siècle. Et ce que Griffith nous permet de savoir, c’est que certaines corporations y ont joué un rôle important. Des dizaines de changements apportés à des pages de l’encyclopédie proviennent des ordinateurs d’entreprises. Et pas votre épicier du coin. Jugez plutôt. Par exemple, quelqu’un au New York Times a changé la page consacrée à George W Bush en y ajoutant la phrase "jerk jerk jerk jerk jerk jerk jerk jerk jerk jerk jerk jerk" ce qu’on pourrait traduire par "crétin crétin crétin crétin crétin crétin crétin crétin crétin crétin crétin crétin". Le Pulitzer n’est pas loin, les gars ! Mais encore quelqu’un chez Pepsi a modifié la page consacrée à Pepsi, justement, en enlevant tout un paragraphe intitulé "Effets à long terme sur la santé". Chez Exxon, on a modifié la page consacrée au naufrage de l’Exxon Valdez pour y rajouter dans une phrase "pas d’impact majeur à long terme". Les exemples sont nombreux. De la CIA à Fox News. Tiens les revoilà, ceux-là ...

Avec Wikipedia, c’est maintenant la démocratie qui détermine la réalité. Si nous décidons tous ensemble que le cours du baril est maintenant à 5 dollars, c’est la réalité (et une sacrée affaire !). Voilà l’idée révolutionnaire de Wikipédia. Nous pouvons maintenant être qui nous décidons d’être. L’autodétermination à portée de clic de souris. Peu importe que je sois né en Normandie ; pour ce que vous pourrez en juger, le jour où Wikipédia me laissera rentrer, si mon truc à moi c’est le Texas, alors je serai un cow-boy. C’est particulièrement vrai dans un monde virtuel où tout le monde se parle par le biais de pseudos et d’avatars et laisse la réalité derrière soi. Dans la vraie vie, Antoine s’ennuie en cours de sociologie, mais dans World of Warcraft, il est Croustibat le nain guerrier et, avouez-le, ça a autrement plus de gueule, non ?

Le fait que ces avatars ne soient en aucun cas liés à notre vraie vie est le terreau de toutes les relations sociales sur internet. Vous n’avez quand même pas cru que je m’appelais pour de vrai Andy Mountain, si ? Et les corporations comme Exxon deviennent des individus comme vous et moi. En tant que tels, pourquoi n’auraient-ils pas le droit d’être qui ils veulent dans le monde virtuel, hmm ? Voyez un peu Wikipédia comme un "Second Life" pour entreprises. Si l’équivalent virtuel de Nike a envie de se placer en défenseur du droit des travailleurs, rien ne peut les en empêcher. D’autant plus que le salaire qu’ils versent en Chine n’est pas prêt de permettre à ceux qui fabriquent mes baskets d’éditer des pages sur Wikipédia pour les contredire.

Le comédien américain Stephen Colbert a fait un exemple parfait de cette nouvelle réalité en annonçant qu’il avait fait énormément pour la survie de l’éléphant d’Afrique en triplant la population des pachydermes d’un clic de souris. Et si Exxon veut se placer en champion de l’environnement, c’est leur droit aussi, je suppose. Grâce à Wikipédia, c’est maintenant un fait.

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